Chronique 42


1583 - Réalités historico-maçonniques

C’est, si l’on en croit les Anciens Devoirs, par l’intermédiaire d’Euclide, de Salomon, de Naymus Græecus, de Char­les Martel (ou Charles II, c’est selon), d’Amphabell, de saint Alban, d’Athelstan et d’Edwin que le Métier de la Maçonnerie, fondé par Jabal, est parvenu en Angleterre, terre d’excellence des tailleurs de pierre. Sauf que :

Naymus Graecus. - Encore appelé : Naymus Grecus, Ma­mus Grecus, Memon Grecus, Marcus Græcus, ou Namus Grenatus est un personnage légendaire issu d’un poème d’Alcuin d’York (735-804), courtisan de Charlemagne.

Saint Alban. - La vie de ce saint tient de la légende. Il aurait été, au IVe siècle de notre ère, un officier de l’armée impériale romaine, et un citoyen de la ville anglaise de Ve­ru­lamium (aujourd’hui Saint-Albans), qui se serait con­verti après avoir hébergé un prêtre chrétien ; il aurait, à ce titre, accompli divers miracles avant d’être décapité. 

Athelstan. - Roi anglo-saxon (c.895-939), Athelstan a passé sa vie à guerroyer pour s’imposer aux autres souverains des îles britanniques. Vainqueur de la bataille de Brunanburh (937), remportée sur les rois Olaf Gothfrithson de Dublin, et Constantin II d’É­cos­se, il s’est alors proclamé « Roi de toute la Bretagne », sans laisser d’autre souvenir.

Edwin. - Souvent qualifié de fils d’Athelstan, et considéré de ce fait comme son successeur naturel, Edwin (mort en 933) fut en fait le fils cadet d’Édouard l’Ancien, et le demi-frère d’Athelstan. Il mourut noyé lors d’une tempête. 

Bref, de toute évidence, les héros de la « mythologie » maçonnique n’ont aucun lien entre eux et, même s’ils ont existé, ne peuvent s’être transmis la moindre règle maçonnique.

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© Guy Chassagnard 2019