Chronique 50

1623 - La Fama Fraternitatis


Les sources d’inspiration rosicrucienne sont à rechercher une dizaine d’années avant la publication de l’Instruction de Gabriel Naudé. 

C’est en effet en 1614 qu’a paru à Cassel (Allemagne), un document anonyme portant le titre de Réforme générale et universelle du monde entier, contenant la Fama Fraternitatis de l’illustre Ordre de la Rose-Croix. 

Ignorons la Réforme pour nous intéresser plutôt à la Fama Fraternitatis (Témoignage de la Fraternité). Il s’agit d’une relation de la vie du fondateur mythique de l’Ordre, Christian Rosenkreutz (en français, Christian Rose-Croix, soit le Chrétien à la Rose et à la croix). 

Rédigée en cinq langues, et adressée « aux chefs d’État, de gouvernements et aux savants d’Europe », elle narre l’éducation et les voyages en Orient du « très illuminé Frère », issu d’une famille aristocratique allemande. En Arabie celui-ci parfait ses connaissances physiques et mathématiques.Au Maroc, il apprend à communiquer avec les êtres dits « élémentaux ». 

De retour en Allemagne, il réalise des « instruments scientifiques très précieux » pour ses expériences ; et bien que n’ignorant rien de la transmutation des métaux, « il préfère garder son idéal plutôt que de rechercher l’estime des hommes ». 

Christian Rosenkreutz fonde ensuite, avec trois compagnons, la Fraternité des Rose-Croix

« Les règles fondamentales de cette Société, précise le texte, émanant d’un groupe d’intellectuels luthériens proche du théologien Johann Valentin Andreae, sont de révéler et de craindre Dieu par-dessus toute autre chose ; de faire tout le bien possible à son prochain ; de rester honnête et modéré ; de chasser le diable ; de se contenter des moindres choses dans la nourriture et le vêtement ; et d’avoir honte du vice. » 

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   ©  Guy  Chassagnard  -  2019