Chronique 72

1715 -  Les Francs-Jardiniers écossais

 

Création dans le bourg écossais de Dunfermline d’une loge de Free Gardeners (Jardiniers Libres ou Francs-Jardiniers), à l’initiative du comte de Moray et de la marquise de Tweeddale. Dès ses premières activités, elle accueille des membres étrangers au jardinage, et crée un fond de charité pour venir en aide aux veuves, aux orphelins ainsi qu’aux membres dans le besoin. 

Six ans plus tard, l’atelier comptera 212 membres, dont le premier – ou second – duc d’Atholl, riche propriétaire terrien écossais.

Les Free Gardeners sont apparus en Écosse à la fin du XVIIe siècle, alors que s’y multipliaient sous l’autorité morale de William Schaw les loges maçonniques opératives. Le plus ancien document relatant leurs activités est un registre de procès-verbaux ouvert en août 1676. 

À l’instar des œu­vriers du Métier, les francs-jardiniers se sont réunis en loges, ont adopté le port d’un tablier et d’un cordon, ont établi des rituels pour la pratique de trois degrés différents, savoir ceux d’apprenti jardinier, de second jardinier et de troisième jardinier. 

Comme les francs-maçons, ils ont eu leurs cérémonies d’initiation, leurs symboles, leurs mots secrets, avec pour références Adam, Ève et le jardin d’Eden. Sur la Bible, ils ont déposé pour emblèmes un compas, une équerre et un couteau de taille.

L’Ordre a connu son temps de gloire au XVIIIe siècle, en Écosse, en Angleterre, et en Irlande, avant de décliner au XXe siècle. En ce début du XXIe siècle, il n’existe plus guère en Grande Bretagne que 150 sociétés amicales de secours mutuel (Friendly Societies), au sein desquelles les franc-jardiniers sont rangés ; elles étaient encore 30.000 en 1950.

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   ©  Guy  Chassagnard  -  2019