Chronique 83


1723 - Que retenir des Constitutions d'Anderson ?

L’ouvrage de James Anderson s’ouvre par une partie historique, qui con­siste en une histoire légendaire de la Franc-Maçonnerie opérative depuis Adam – premier hom­me mais aussi… premier maçon.

Suit une partie dis­ciplinaire comprenant deux sections : la première expose les obligations ou devoirs du franc-maçon, la seconde énonce les règlements généraux de l’Ordre maçonnique. 

Des chants d’apprenti, de compagnon et de maître, com­plètent l’ouvrage, qui est supposé constituer une synthèse des anciennes archives des loges opératives d’Angleterre, d’Écosse et d’Ir­lande.

On extrait souvent des Cons­­titutions d’Anderson ces quel­ques lignes, dont le sens véri­ta­ble ne cesse d’être recherché, et commenté : 

« Un Maçon s’oblige, de par sa tenure, d’obéir à la Loi morale ; et s’il comprend bien l’Art, jamais il ne sera un athée stupide, ni un libertin irréligieux. »

Qu’est-ce qu’un Athée stupide, ou un Libertin irréligieux ? 

Depuis près de trois siècles, les francs-maçons n’ont cessé de se poser la question et d’y apporter des réponses plus ou moins satisfaisantes. À moins de disserter sur le fait que l’on pourrait être un Athée intelligent ou un Libertin religieux. 

On ne peut s’empêcher de relever par ailleurs dans les Constitutions d’Anderson de multiples erreurs, volontaires ou involontaires, de genres, de lieux et de dates. 

Mais sans elles, que connaîtrions-nous des premiers temps de la Franc-Maçonnerie spéculative ?...

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© Guy Chassagnard 2019