Chronique 84


1723 - Quel crédit accorder aux Constitutions d'Anderson ?

Dès la lecture des premières lignes du Livre des Constitutions d’Anderson il faut se rendre à l’évidence : leur auteur, n’est pas fiable dans ses propos historiques.

Nous en voulons pour preuve manifeste que, selon lui, « Adam, notre premier parent, créé à l’image de Dieu, le Grand Architecte de l’Univers, dut avoir les Scien­ces libérales, particulièrement la Géométrie, écrites sur son cœur ; car même depuis la Chu­te, nous en trouvons les principes dans le cœur de ses descendants… ».

Toujours selon les affirmations de James Anderson, Adam enseigna la Géométrie à ses fils ; Salomon et Hiram de Tyr furent tous deux maîtres de loge ; Nabuchodonosor, Ptolémée Philadelphe, le « grand » Auguste, le prince Edwin, les rois Jac­ques VI d’Écosse, Charles Ier et II d’Angleterre, furent tous de zélés maçons. 

Si la reine Elizabeth ne devint pas franc-maçonne, c’est qu’en son temps les femmes n’étaient pas initiables.

À l’époque où vivait James Anderson, l’Histoire du monde demeurait légendaire et allégorique. Elle ne pouvait que confirmer l’idée que l’on voulait s’en faire. 

Si on a souvent critiqué James Anderson pour ses approximations historiques, on se doit de reconnaître que son œuvre a permis à des générations de francs-maçons d’élaborer les bases de leur ésotérisme maçonnique.

 Sans lui, sans ses Constitutions, la Maçonnerie spéculative ne serait pas aujourd’hui ce qu’elle est devenue, à savoir un véritable centre d’union universel.

 Il est toujours bon de savoir d’où l’on vient pour déterminer où l’on veut aller – même si le passé relève parfois plus de la légende que de la réalité.   

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© Guy Chassagnard 2019